Halte au culte de la douleur

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Un peu comme un cri que j’ai envie de pousser pour m’ériger contre un certain ordre établi, je vous le dis : “Halte au culte te la douleur ! ”

Alors pourquoi cette envie ? Et pourquoi maintenant ? En fait, cela fait maintenant presque trois ans que j’enseigne le yoga. Et je rencontre beaucoup de personnes qui vivent dans le culte de la douleur.

Or même si la douleur est souvent considérée comme un symptôme négatif à éviter. Il existe cependant un sous-courant culturel qui valorise la douleur comme un moyen de transcender ses limites physiques et mentales. Dans cet article, nous allons explorer les différentes origines du culte de la douleur dans nos sociétés et les raisons pour lesquelles il perdure encore aujourd’hui.

 

Les différentes origines du culte de la douleur

A l’origine, on l’associe souvent aux pratiques religieuses ou spirituelles. Dans de nombreuses cultures, les rites initiatiques et les cérémonies religieuses impliquent des pratiques de douleur intense. Je peux citer par exemple la flagellation ou encore la pénitence corporelle. Dans ces contextes, la douleur est utilisée comme un moyen de purification, de repentance ou de transcendance spirituelle.

Nos sociétés modernes, valorise la douleur au travers de pratiques sportives ou au travers du monde professionnel.

Au niveau sportif, les marathons, les triathlons, les compétitions et entraînements intensifs sont autant d’exemples. Dans ces situations on considère la douleur physique comme une preuve de dépassement de soi et de force mentale. D’ailleurs n’admire-t-on pas les athlètes de haut niveau pour leur capacité à endurer des niveaux élevés de douleur et à pousser leur corps au-delà de ses limites.

Au niveau professionnel, le culte de la performance ne pousse-t-il pas bon nombre d’individus à dépasser leurs limites physiques et mentales. Cette quête de dépassement que l’on sait aujourd’hui responsable de l’augmentation considérable de burn-out.

Alors pourquoi tant de haine, j’ai envie de dire ? Que ce soit dans la pratique sportive ou dans le yoga, quelles raisons nous poussent à aller au-delà de nos limites physiques ?

 

Les raisons sa présence encore aujourd’hui

Même s’il existe des raisons religieuses ou culturelles au culte de la douleur, qu’est-ce qui nous poussent à reproduire les mêmes schémas dans nos activités physiques. Certes je peux comprendre l’athlète de haut niveau dans sa recherche de performance. Mais dans une activité telle que le yoga, qui plus est dans un cadre de loisir, de quête de son bien-être quel est l’intérêt ?

Quand je dis à mes élèves de respecter leurs limites physiques, d’écouter leur corps bon nombre d’entre aux me répondent :

” Si j’écoute mon corps, alors je ne fais plus rien.”

Mais écouter son corps cela ne signifie pas ne rien faire. Pour moi, écouter son corps c’est respecter ses capacités. Les respecter cela veut aussi dire d’accepter ses faiblesses, ses limites. Et cela implique également de se satisfaire de ce que notre corps nous permet de faire au moment où on le fait.

Car j’en entends certains me dire aussi : “Mais ça avant, je le faisais facilement.”

Mais ça c’était avant ! Car entre l’avant et le maintenant, et bien il s’est déroulé votre parcours de vie. Un parcours jalonné par votre éducation, vos croyances, vos expériences, vos accidents, vos peurs, etc. Et tous ces facteurs entraînent bien des limites aussi bien mentales que physiques.

Moi aussi, il y a des choses que je faisais avant et que je ne peux plus faire aujourd’hui. Tout comme je fais des choses aujourd’hui que je ne faisais pas avant. Je sais aussi que le yoga que je pratique ne ressemble pas au yoga ou aux postures que je peux voir sur les réseaux ou dans les magasines. Et alors ? Est-ce que cela fait de moi une professeure de yoga moins compétente que les autres ? Est-il nécessaire d’être violent envers soi-même pour s’assurer que l’effort fourni vaut la peine d’être fait ? Je ne le crois pas. Je vous le répète, halte au culte de la douleur.

D’ailleurs je vous pose la question : “est-il nécessaire de se faire mal pour se faire du bien ?” Vous pouvez y répondre en utilisant l’espace des commentaires. Je serai très heureuse de vous lire.

Namasté

 

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